Processeurs AMD FX disponibles : des bulldozers qui écrasent la concurrence ?

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Ca y’est, AMD a enfin annoncé sa nouvelle gamme processeurs basés sur l’architecture Bulldozer. Cette gamme bénéficie d’une numérotation claire indiquant rapidement ce à quoi s’attendre. Les processeurs FX ont donc une référence 4000, 6000 ou 8000 qui indique le nombre de cores (quatre, six ou huit), les trois dernier chiffres permettant de positionner la puce en terme de performances au sein de la gamme.

Un concept modulaire qui transforme le concept de core

Cependant, avec son architecture Bulldozer, AMD abandonne le concept de cores comme nous le connaissons habituellement. En effet, il est plus judicieux de parler de module Bulldozer, qu’AMD qualifie de CMT (pour Cluster Multi-Threading). Chaque module contient les éléments suivants : le fetcher qui doit gérer le flux d’instructions, le décodeur qui transforme les instructions reçues en instructions élémentaires compréhensibles par les unités de traitement, deux unités de calculs sur les entiers (ALU), un cache L1 partagé entre les deux unités ALU, une unité de calcul sur les flottants (FPU) et du cache L2.

Ce module sera vu par le système d’exploitation comme deux cores. L’efficacité sur le calcul des entiers devrait donc être bonne, mais on peut avoir de sérieux doutes sur l’unité de calcul des flottants partagée. En effet, en calculs scientifiques, comme pour Folding@Home, la très large majorité des traitements se fait sur des nombres flottants. AMD indique que sa FPU est capable de traiter une donnée 256 bits par cycle ou deux données 128 bits par cycles. Cependant, la possibilité de travailler en 256 bits n’est disponible que pour des instructions AVX, mais le mystère plane sur les autres types d’instructions comme le SSE/SEE2 qui travaille principalement en 128 bits. Cette approche peut s’avérer particulièrement risquée en terme de performances.

La puce et ses caractéristiques

Pour ce qui est des autres caractéristiques de la puce, celle-ci est gravée en 32 nm et dispose de 2 milliards de transistors pour les modèles FX-8000. Chaque module dispose de 64ko de cache L1 et de 1Mo de cache L2. L’ensemble se partage 8Mo de cache L3. Les unités de calcul supportent l’ensemble des instructions SSE (jusqu’au 4.2), l’AVX et le AES-NI. AMD a intégré une nouvelle version de sa version du Turbo pour les cores qui permet d’augmenter la fréquence de certains lorsque les autres ne sont pas utilisés, dans la limite du TDP de la puce qui sera de 95 ou 125W suivant les modèles.

Le modèle le plus haut de gamme proposé actuellement est le FX-8150 que l’on retrouve pour 245 €. Celui-ci dispose donc de 8 cores (4 modules) qui fonctionnent à 3.9 GHz et pouvant monter à 4.2 GHz avec le Turbo. Ces processeurs nécessitent une carte mère AM3+, mais peuvent aussi prendre place sur un socket AM3 sous réserve de mise à jour du BIOS de la carte.

Et du coté des performances ?

Du coté des performances, on peut dire que les nouveaux bébés d’AMD sont loin de convaincre.

Tout d’abord, certains sites ont rapportés des problèmes de compatibilité et de performances sous Windows 7 qui semble connu par AMD et Microsoft. Ceux ci promettent une amélioration pouvant aller jusqu’à 10% sous Windows … 8. Il se pourrait que Linux soit la seule solution pour exploiter ces puces efficacement pour l’instant.

En ce qui concernent Folding@Home, les premiers chiffres qui nous sont parvenus sur un FX-8150 sous Windows 7 sont décevant : le processeur peine à obtenir 14 000 PPD en SMP. A coté de ces chiffres, gardons à l’esprit que le potentiel d’amélioration est là : nos cores n’exploitent pas encore les instructions AVX, et l’optimisation actuelle ne convient peut être pas pleinement au FPU partagées des Bulldozer … De plus, si les problèmes de performances liés à Windows (probablement à son ordonnanceur) sont avéré, il se pourrait que les résultats sous Linux soient complètement différents …


Actuellement, nous aurions tendance à déconseiller ce processeur dont les performances peinent à lutter avec un i7 2600K (certes vendu un peu plus cher) et qui ne justifient pas le remplacement d’une plateforme actuelle …

N’hésitez pas à nous faire parvenir des performances sous Linux, nous aurons peut être une bonne surprise. Nous espérons aussi pouvoir réaliser les tests par nous-mêmes, ce qui nous permettra peut être de réviser notre jugement.